Mon souhait en réalisant Nothing to add est de contribuer à la réappropriation de la politique par les citoyen.ne.s. Et le concept de décroissance est lui-même profondément politique puisqu’il questionne la société capitaliste et néolibérale dans laquelle nous vivons, ou survivons. Ce que j’aime dans ce concept de décroissance c’est qu’il permet de réfléchir de manière transversale aux racines de nos maux, et défaire des ponts entre différentes approches du monde, qu’elles soient écologiques, psychologiques, féministes, économiques ; il nous questionne sur notre rapport au travail, au couple, au logement, aux animaux, à la consommation…

Quand je prends le temps d’écouter vraiment une personne sur un sujet donné, je suis souvent surprise de la profondeur et de la sensibilité des propos tenus. Tout s’accorde à nous déposséder de notre puissance, de notre confiance en soi et en notre intuition profonde. Et se retrouver pour parler, à deux ou en groupe, en mettant en place un cadre qui sécurise chacun.e sur son droit à la parole, sur la validité de sa pensée, permet déjà de faire un pas de côté, de prendre un peu de distance sur la pensée prémâchée et les injonctions permanentes que nous subissons quotidiennement. Ces échanges bienveillants nous permettent de nous reconnecter à notre être, de reconnaître notre état de souffrance dans cette société, et d’avancer dans notre réappropriation de nous-mêmes, du sens de la vie.

           

            Je me pose depuis longtemps la question de l’obéissance, de la soumission. Et la découverte du concept de décroissance a été pour moi un levier important de compréhension et de prise de conscience de la possibilité de l’autonomie, de l’émancipation, indissociables d’un projet de mieux-être, de mieux vivre, de buen vivir pour le monde dans sa globalité.

Assez de s’en remettre à l’avis d’experts et de spécialistes ! Le peuple et les individus qui le constituent portent en eux la capacité de penser et d’agir“hors toute révélation et toute autorité instituée.” (C. Castoriadis, Op. cit.)

Il n’y a pas et il n’y aura pas de monde idéal, mais un monde meilleur est possible, un monde où la vie est au centre de l’intérêt général et non pas l’économie, un monde où l’on ait le temps d’être, simplement.

Puissent toutes celles et ceux qui verront ces témoignages se faire porteurs et porteuses de cette réflexion, ce questionnement, ce désir de savoir et de participer à la vie publique et politique, et valider par leur pensée et  leurs actes la possibilité d’un autre monde. 


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